La scène de la cuisine
Par Tin le mardi, janvier 31 2006, 18:05 - General - Lien permanent
C'est inoubliable et c'est du grand, du très grand !!!
Maître Folace
Charmante soirée, n'est ce pas ? Vous savez combien ça va nous coûter ? 2 000 francs nouveaux.
Fernand Naudin
Y'en a qui gaspillent, et y'en a d'autres qui collectent ... Hein ?
Jean
Faudrait encore des sandwichs à la purée d'anchois, ils partent bien ceux-là.
Fernand Naudin
Voilà vos encaissements en retard ... Les Volfoni ont essayé de me flinguer, oui Maître !
Maître Folace
C'est pourtant pas leur genre !
Fernand Naudin
Et ben ça prouve qu'ils ont changé de genre. Voilà !
Jean
Quand ça change, ça change. Faut jamais se laisser démonter !
Maître Folace
Vous croyez qu'ils oseraient venir ici ?
Fernand Naudin
Les cons ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît.
Les Volfoni sonnent à la porte... et entrent.
Paul Volfoni
Sûr que tu t'es pas gouré de crèche ?
Raoul Volfon
J'me goure jamais !
Une jeune fille
A drink, please ?
Raoul Volfoni
J'veux rien ! Si c'est notre fric qu'y sont en train d'arroser, ça va saigner...
Raoul Volfoni
Dis donc mon brave
Jean
Monsieur ?
Raoul Volfoni
Il est là vot' patron ?.
Jean
Qui demandez-vous ?
Paul Volfoni
Monsieur Fernand Naudin.
Raoul Volfoni
Monsieur Fernand... Fernand l'emmerdeur ! Fernand le malhonnete ! c'est comme ça que j'l'appelle moi !
Jean
Si ces messieurs veulent bien me suivre...
Raoul Volfoni
Et comment ! Alors tu viens, dis !
Jean
Si vous voulez bien vous donnez la peine d'entrer.
Dans la cuisine...
Raoul Volfoni
Bougez pas !... Les mains sur la table ! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
Jean
Si ces messieurs veulent bien me les confier...
Raoul Volfoni
Quoi ?
... (Patricia entre)
Jean
Allons vite messieurs ! quelqu'un pourrait venir, on pourrait se méprendre et on jaserait... Nous venons déjà de frôler l'incident.
Fernand Naudin
Tu sais ce que je devrais faire... rien que pour le principe
Raoul Volfoni
Tu trouves pas qu'c'est un peu rapproché ?
Paul Volfoni
J'te disais que cette démarche ne s'imposait pas. Aujourd'hui, les diplomates prendraient plûtot le pas sur les hommes d'action. L'époque serait aux tables rondes et à la détente. hein ? Qu'est-ce que t'en penses ?
Fernand Naudin
J'dis pas non.
Raoul Volfoni
Mais dis-donc, on est tout de même pas venu pour beurrer les sandwichs !
Paul Volfoni
Pourquoi pas ! au contraire, les tâches ménagères ne sont pas sans noblesses ; surtout parcequ'elles constituent le pas vers des négociations fructueuses. hein ? ... merci.
Fernand Naudin
Maître Folace, vous devriez planquer les motifs de fâcher !
Paul Volfoni
Oh ! Monsieur Fernand...
Fernand Naudin
Y connaît la vie Monsieur Paul. Mais pour en r'venir au travail manuel, là, c'que vous disiez est finement observé et puis, ça reste une base.
Raoul Volfoni
Et bah c'est bien vrai. Si on rigolait plus souvent, on aurait moins la tête aux bétises.
... (Une jeune fille vient chercher du whisky et touche à l'argent)
Maître Folace
Touche pas au grisby... salope !!!! ....
Paul Volfoni
L'alcool à cet âge là... enfin !
Fernand Naudin
Non mais c'est un scandale !
Raoul Volfoni
Nous par contre on est des adultes,.. on pourrait peut être s'en faire un ptit !
Fernand Naudin
Maître Folace ?
Maître Folace
Seulement le tout venant a été piraté par les mômes. Qu'est ce qu'on se fait,... on se risque sur le bizarre ? ça va rajeunir personne !
Raoul Volfoni
Ah nous v'là sauvés !
Maître Folace
Sauvés... faut voir !
Jean
Tiens, vous avez sorti le vitriol !
Paul Volfoni
Pourquoi vous dites ça ? Il a l'air pourtant honnête !
Fernand Naudin
Sans être franchement malhonnête, au premier abord, comme ça il a l'air assez curieux.
Maître Folace
Y date du mexicain, du temps des grandes heures, seulement on a dû arrêter la fabrication : y a des clients qui devenaient aveugles, alors ça faisait des histoires...
Raoul Volfoni
Faut reconnaître, c'est du brutal !
Paul Volfoni
Vous avez raison il est curieux !
Fernand Naudin
J'ai connu une polonaise qu'en prenais au p'tit déjeuner... Faut quand même admettre que c'est plutôt une boisson d'homme.
Raoul Volfoni
Tu sais pas ce qu'il me rappelle, c't espèce de drôlerie qu'on buvait dans une p'tite taule de Biénoa pas très loin de Saigon... Les volets rouges ... et la taulière, une blonde comaque... Comment qu'elle s'appelait Nom de Dieu ?
Fernand Naudin
Lulu la Nantaise !
Raoul Volfoni
T'as connu !?
Paul Volfoni
J'y trouve un goût de pomme
Maître Folace
Y en a !
Raoul Volfoni
Et c'est devant chez elle que Lucien le Cheval s'est fait déssouder.
Fernand Naudin
Et par qui, hein ?
Raoul Volfoni
Bah v'la que j'ai plus ma tête !
Fernand Naudin
Par Teddy de Montréal, un fondu qui travaillait qu'à la dynamite.
Raoul Volfoni
Toute une époque...
Maître Folace
D'accord, d'accord, je dis pas qu'à la fin de la guerre, Jo le Trembleur, il avait pas un peu baissé ; mais n'empêche que pendant les années terribles, sous l'occup, il butait à tout va ! Il a quand même décimé toute une division de panzer ! ah.
Raoul Volfoni
Il était dans les chars ?
Fernand Naudin
Non ! Dans la limonade ! soit à ce qu'on t'dit !
Raoul Volfoni
Mais j'ai pu ma tête ! j'ai pu ma...
Maître Folace
Il avait son secret le Jo...
Raoul Volfoni
c'est où ?
Jean
À droite, au fond du couloir.
Maître Folace
Hé, Hé, Hé ! 50 kilos de patates, un sac de sciure de bois, il te sortait 25 litres de 3 étoiles à l'alambic. Un vrai magicien ce Jo. Et c'est pour ça que je me permets d'intimer l'ordre à certains salisseurs de mémoires de bien vouloir fermer leur claque-merde ! ah.
Paul Volfoni
Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a aut'chose. Ça serait pas dès fois de la betterave, hein ?
Fernand Naudin
Si, y'en a aussi.
Fernand Naudin
Je mangerai bien quelque chose de consistant, moi.
Raoul Volfoni
Dis donc, elle est maquée à un jaloux ta nièce ? Je faisais un brin de causette, le genre réservé, tu me connais : mousse et pampre, v'là tout à coup qu'un p'tit cave est venu me chercher ! Les gros mots et tout !
Fernand Naudin
Quoi ! Monsieur Antoine ! Si j'peux lui faire franchir les portes, faut p't'être le faire passer au travers !
Jean
J's'rai pas étonné qu'on ferme !


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